Conversion d’une CC40.100 SNCF en Série 18 Alstom SNCB

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JEPE
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Conversion d’une CC40.100 SNCF en Série 18 Alstom SNCB

Message par JEPE »

Il y a quelques temps déjà, j’avais eu l’opportunité d’acquérir une carrosserie Type CC 40100 SNCF conçue par Phillip Fabre, avec comme projet d’en faire une Serie 18 Alstom SNCB.
Heureusement, photos, plans, documents, et même une machine réelle sont faciles à trouver.
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Il me fallait d’abord trouver un châssis adéquat.
Il conseillait une loco américaine E8A de chez Lifelike.
C’est une très bonne loco équipée d’un double volant moteur.
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Pas évident, et puis un jour j’ai trouvé mon bonheur lors d’une bourse d’échanges.
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Cette loco n’a pas d’attelage devant, ce qui ne me gêne pas, puisqu’ainsi ma 18 aura belle allure lorsqu’on la verra arrivée.
Elle roulera juste dans l'autre sens que l'américaine.

Mais on en est pas encore là.

Première chose à faire, bien nettoyer la carrosserie en résine avec du savon vaisselle et une brosse à dent. Il faut impérativement enlever le résidu de silicone de démoulage.

Puis il y a quelques différences visibles entre les deux machines.
D’abord il faut obturer les premières fenêtres latérales.
La 18 n’a que 3 pantographes, donc boucher un des emplacements.
Supprimer le logo SNCF qui est en relief sur les deux faces avants.
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Il faut également rajouter des plaques « caillebotis » sous les phares. Ce sont simplement des petites plaquettes de plasticard de 0,20. Cette opération je l’ai faite après avoir adapté le châssis à la carrosserie car cette opération demande pas mal de manipulation et j’avais peur de les accrocher.
C’est fragile ces petites choses-là !
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Le plus gros du travail va commencer.
Le châssis de la E8A est lesté par deux énormes morceaux de plombs que j’ai fraisé et limé pour les faire entrer dans la caisse.
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C’est une caisse en résine et l’intérieur est assez épais et grossier.
Donc à l’aide de ma fraiseuse Dremel, j’ai enlevé le maximum de matière pour que l’ensemble s’épouse bien.
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007b.jpg
Sur les bords du châssis il y a 4 petit ergots de maintien.
J’ai disqué une vieille lame de cutter pour en faire un outil qui m’a permis de faire 4 encoches dans la carrosserie.
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008b.jpg
A présent l’ensemble se clipse bien.
Ce châssis était un bon choix ( la E8A de chez Kato est aussi adaptable, mais à mon avis plus difficile et plus cher à trouver ).
J’ai longtemps pensé au problème de vitrage.
Finalement au 1/160 il n’est pas nécessaire de voir l’intérieur. D’ailleurs dans la réalité on voit plus le reflet que l’intérieur.
Donc j’ai obturé de l’intérieur avec une fine feuille de plasticard tous les orifices de vitrage.
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Il manque aussi les jupes latérales que je vais confectionner en deux épaisseurs avec ma fidèle Crafty.
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J’en profite aussi pour confectionner les 4 butoirs.
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Maintenant que la carrosserie est prête à être peinte, je vais forer les emplacements d’accessoires.
La 18 était pourvue de 3 pantographes.
Les plus rapprochant sont les Kato 11-421.
Un petit gabarit (imprimé à la Crafty pour plus de précision) me permet de bien les centrer.
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Puis je fore les petits trous qui vont recevoir les mains courantes des 4 portières.
J’ai opté de les confectionner dans de la corde à guitare (0.4mm). La même que j’utilise pour faire mes caténaires. De simples agrafes feraient déjà l’affaire (plus facile à plier).
015.jpg
Elles seront mises en place après peinture, car sinon elles gêneraient le tape de masquage.

Enfin je fore l’emplacement pour les fibres optiques des phares.
Ceux-ci seront mis en place après la peinture.
Je vais simplement les faire dépasser de quelques millimètres à l’intérieur pour qu’ils captent la lumière de lampe d’origine de la E8A.
Un petit test en glissant une ampoule derrière me donne de bons résultats.
010.jpg
Petit dilemme.
J’aime bien la dernière version, bleu / Jaune / argent, comme celle que l’on retrouve à St-Ghislain.
Malheureusement il y a un hic !
Lorsque les 18 ont été upgradés, les phares qui étaient obliques sur les CC 40100 française, sont devenus horizontaux.
Et ma 18 est une ancienne française.
Je n’avais pas envie de me lancer dans cette aventure, mais j’ai retrouvé des photos avec les mêmes couleurs (jaune, bleu, argent) et les phares en obliques.
Ma 18 sera donc la 1802 dans cette version.
016.jpg
Ici commence pour moi le travail le plus délicat : la préparation et le masquage de la carrosserie.
Une première couche de peinture grise sur la carrosserie va me dire s’il y a encore des défauts à corriger.
La peinture ne masque rien, au contraire elle va accentuer tout ce qui n’aura pas été soigné.
J’ai commencé par le jaune (sans aucun masquage).
Puis je me suis mis au bleu, mais uniquement les parties latérales car assez compliqué.
J’utilise du papier cache bleu de la marque Tesa.
Très fin et souple. Je coupe d’abord de fines de bande parfois de 1 mm pour délimiter les bords, puis de plus grande pour finir le masquage.
017.jpg
Le résultat n’est pas trop mal en tenant compte que c’est une carrosserie en résine, donc des surfaces pas toujours nickels.
Pas grave, il y a toujours moyen de retoucher avec un pinceau à 3 poils.
Ensuite je masque les faces avant et arrière pour terminer la peinture bleue.
Vient ensuite la toiture et les supports de butoir en gris.
Et finalement les flancs en métallisé.
Comme je m’en doutais, la peinture a fait apparaître tous les défauts de la résine.
En plus, malgré toutes mes précautions quelques retouches au fin pinceau seront nécessaires.
Ici je fais une parenthèse.
Il arrive parfois que pour avoir une teinte (soi-disant) exacte, on préconise le mélange de deux couleurs.
Je suis absolument contre ce système. Je préfère me rapprocher visuellement de la teinte en utilisant une couleur existante, ce qui me permet de pouvoir faire des retouches par la suite sans devoir à nouveau recourir à de l’alchimie.

Comme je vous l’avais dit plus haut, les vitrages avaient obturé par une feuille de plastique
Il n’est pas nécessaire de voir l’intérieur de la loco, il n’y a rien à voir.
D’ailleurs en photo on ne distingue jamais l’intérieur. Donc j’ai dilué de la peinture à l’huile avec de l’essence de briquet et avec un fin pinceau j’ai rempli les encadrements de vitrages qui du coup ont pris une couleur brune, ce qui me parait pas mal comme effet.

Maintenant je vais m’attaquer au lettrage.
J’ai utilisé le logiciel Publisher. Il y en a certainement d’autres, mais c’est celui que j’utilise le plus.
J’ai trouvé un logo B noir que j’ai réduit à dimensions correctes pour la loco.
Petit conseil, lorsque sous enregistrer un logo, réduisez-le immédiatement à 100 x 66 pixels, il sera plus nette à l’impression.
Pour les immatriculations c’est la police Alte Din 1451 Mittelschrift gep qui se rapprochait le plus.
Une première impression sur papier A4 normal pour voir ce que ça donne, dimensions et couleur.
Lorsque le résultat ma paraissait correct, j’ai collé un morceau de décal vierge transparente sur l’emplacement de l’impression.
Puis j’ai replacé la feuille dans l’imprimante, et opté pour une impression haute définition.
Je travaille avec une imprimante Canon à 5 cartouches, idéal pour l’impression photo sur papier glacé (c'est très important).
Je laisse bien sécher, et le lendemain je passe la décal avec une bonbonne de vernis pour bien fixer l’encre.
Sur l’originale, l’immatriculation et le le logo est en gris/silver.
Je m’imaginais donc de l’imprimer de l’imprimer en gris clair sur du papier décal vierge transparent.
Ok, sauf que le gris est pratiquement transparent et que ça ne donne rien.
Changement de stratégie.
J’ai cherché une solution avec Excel.
J’ai rempli des cases avec du bleu foncé, jusqu’à ce que je retrouve plus ou moins la même teinte que le bleu de ma loco.
Puis mise en place dans les cases de l’immatriculation et du logo B, mais cette fois carrément en blanc, et de la même façon que précédemment, mais impression sur du papier décal blanc.
Je pense qu’à cette échelle, ce sera la seule façon de pouvoir lire distinctement les numéros.
Ça marche, j’ai trouvé le bleu idéal.
018.jpg
Cependant j’ai quelques soucis avec la mise en place des décals.
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Elles ne se décollent pas facilement, peut être à cause de la couche de vernis.
Pourtant j’ai déjà utilisé ce système sans problème.
Peut-être que c’est la marque des feuilles vierges (Water Slide Decal Paper).
Je dois faire quelques retouches de peinture sur les bords.
Bof, je ne suis pas trop satisfait, mais ça passe quand même.
Je passe maintenant l’ensemble de la caisse au vernis mat.
Directement l’aspect général s’en trouve amélioré.
J’utilise une bonbonne que vous trouverez facilement en magasin de modélisme, de matériel pour artistes ou de bricolage.

Outre les pantographes, il y a pas mal de détails sur le toit.
Je vais m’en tenir à ce qui est de plus voyant, les isolateurs et certains câbles.
Pour les isolateurs, ils sont tellement petits qu’un bout de sprue cylindrique de 0,8 mm fera l’affaire.
Il suffit de forer des trous (de 0,70 mm car la colle va dissoudre légèrement le plastique), mettre un peu de colle sur la sprue et l’introduire dans l’orifice.
Puis à l’aide d’une petite plaquette gabarit de 1,5 mm trouée, la découpe à la pince coupante sera la même pour tous.
020.jpg
J’ai dénudé un fil électrique et un brin va me servir pour le câble entre les isolateurs. Il est fixé à la cyanolite.

Je termine par la mise en place des pantographes.
Ce sont des Kato 11-421 facile à poser. Deux petits trous et une goutte de colle blanche.

Ma loco est terminée.
Je peux toujours rajouter quelques détails, mais son aspect général me plait.
021.jpg
Elle est prête à sillonner les différents modules lors des expos.
Pour ce faire je la laisse en courant continu analogique.


Conclusion : Cette loco m’a demandé beaucoup de travail de précision.
Je suis heureux de posséder une Serie 18, mais il est évident qu’on est loin d’un standard qui sort du commerce. On est vraiment dans de l’artisanat d’une ancienne génération.
Puisque les fabricants semblent ignorer ce modèle mythique (CC 40100 SNCF / Serie 18 SNCB) nous ne pouvons qu’espérer la sortie de ce modèle en 3D, … chez AGP3D par exemple :P .

PS : Maintenant c'est justement une SNCB Serie 13 (AGP3D) qui est sur ma table de travail 8-)
thierry
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Re: Conversion d’une CC40.100 SNCF en Série 18 Alstom SNCB

Message par thierry »

felicitation, super travail
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RolandVV
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Re: Conversion d’une CC40.100 SNCF en Série 18 Alstom SNCB

Message par RolandVV »

Aah, voilà ce que tu faisais pendant que je ne t'entendait presque plus ....
Vraiment TOP !! Chapeau.
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vogele
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Re: Conversion d’une CC40.100 SNCF en Série 18 Alstom SNCB

Message par vogele »

Beau travail , sa donne envie .
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hardl00k69
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Re: Conversion d’une CC40.100 SNCF en Série 18 Alstom SNCB

Message par hardl00k69 »

Bravo pour ton travail Jepe, c'est une des machines, si pas, la plus difficile, à reproduire en N. Chapeau !
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Gdevisscher
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Re: Conversion d’une CC40.100 SNCF en Série 18 Alstom SNCB

Message par Gdevisscher »

Bravo pour ce travail titanesque ! Je suis impressionné tant par le résultat que la patience qu’il faut avoir pour arriver au bout d’un tel projet!

Geoffroy
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didiguy
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Re: Conversion d’une CC40.100 SNCF en Série 18 Alstom SNCB

Message par didiguy »

wouah, quel talent ! Merci pour ton descriptif de transformation. Tu nous montres la patience qu'il faut pour réaliser, à notre échelle, un tel travail.
J'espère la voir prochainement circuler.
C'est vrai que cette loco m'a toujours fasciné, j'ai effectivement une SNCF... depuis quelque temps.
bien amicalement,

Didiguy
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MARC
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Re: Conversion d’une CC40.100 SNCF en Série 18 Alstom SNCB

Message par MARC »

superbe bon job
Lionel
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Re: Conversion d’une CC40.100 SNCF en Série 18 Alstom SNCB

Message par Lionel »

Salut Jepe,
Tu t'es fait plaisir avec ce travail... :) c'est ce qui est le plus gratifiant dans le modélisme : faire quelque chose soi même.
Maintenant tu vas pouvoir partir en recherche d'une petite dizaine de voitures PBA (on ne peut quand même pas tout faire soi même) ou, suprême satisfaction transformer des voitures inox qui seraient idoines... :roll:
à moins que tu ne les possèdes déjà ?

J'ai une petite question au sujet de la peinture :
Tu utilises du papier cache bleu de la marque Tesa.
Est ce qu'il s'agit d'un papier dédié aux caches pour peinture modélisme ou de Tesa "normal" carrossier?
en faisant une petite recherche je tombe surtout sur du Tamya en rouleaux de largeur variable.
Jusqu'à présent j'ai toujours utilisé du ruban isolant, mais je ne pense pas que cela soit la bonne solution.
Ça va... oui ça va mais c'est pas glorieux.

Encore une : qu'est ce que le pinceau trois poils :o ?

Bonne idée aussi l'imprimante pour produire ce qu'on a besoin.
Je suis brouillé avec ma vieille imprimante (c'est elle qui a commencé et au vu du prix des cartouches...) mais... c'est séduisant.
Pour ce qui est des décals disponibles, une bonne adresse pour avoir des tuyaux
http://rail-et-fer-en-gaume160.blogspot ... uages.html
je n'ai personnellement pas encore essayé, mais pour l'avoir vu faire, il y a quelque chose de magique.
Et c'est expliqué clairement.

Merci de partager cette belle histoire.
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JEPE
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Re: Conversion d’une CC40.100 SNCF en Série 18 Alstom SNCB

Message par JEPE »

Merci à vous tous pour les compliments.

Un point auquel je n'avais pas encore pensé, ... quels types de voitures atteler à ma 18 ?
D'après quelques photos que j'ai, ce sont en général des I10.
Elles existe en N chez Roco et Arnold.
Ces machines roulaient uniquement de Cologne à Paris via Bruxelles.
Quelqu'un peut-il m'en dire plus concernant les éventuelles autres voitures utilisées ?

Comme je le disais j'utilise du papier bleu Tesa.
Tesa.jpg
Je l’achète chez Brico.
C'est l'équivalent du Tamiya, que j'utilise également (mais c'est pas le même prix).

Mon pinceau à 3 poils, c'est un 3/0 :lol:

Merci Lionel pour le lien concernant les décals.
Là je suis sur une Serie 13, et je redoute déjà la partie déco "décals".

Il y a déjà une rubrique "Decals" sur notre Forum.
https://forum.trains-160.be/viewtopic.p ... ecal#p7005
Réunissons y nos expériences :P .
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